Denis Pallier, Le libraire Adrien Beys, une carrière au contact de trois officines plantiniennes

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Le libraire Adrien Beys, une carrière au contact de trois officines plantiniennes

Denis Pallier in De Gulden Passer, vol. 103 (2025), nr. 1, pp. 7–51

Beschrijving

La conjonction des archives plantiniennes et d’archives françaises permet de reconstituer la carrière singulière d’Adrien Beys (1574–1612). Venu de Bréda à vingt ans, comme apprenti de son oncle Gilles I Beys, il fut formé dans l’officine plantinienne de Paris. Au long de son parcours de libraire-éditeur, Adrien fut un partenaire constant des officines plantiniennes d’Anvers et de Leyde. Il fut apprécié des Moretus comme de Frans Raphelengius.

Ce libraire de second plan a participé aux grands réseaux du commerce européen, connectant pays catholiques et protestants. Son négoce, à Anvers, Leyde et Francfort, et ses qualités professionnelles, ont fait de lui un intermédiaire pour des lettrés (Joseph Justus Scaliger, Isaac Casaubon, Nicolas Claude Fabri de Peiresc) et un marchand prospère. Sa clientèle compte de grands noms (Pierre Dupuy, Pierre de L’Estoile, François de Malherbe, Peiresc). Plusieurs des auteurs qu’il publie participent au groupe savant rassemblé autour du magistrat et historien Jacques-Auguste de Thou. Beys alimente aussi un réseau de libraires français.

L’étude du parcours d’Adrien Beys renseigne sur la formation au grand commerce et la mobilité professionnelle, sur les stratégies marchandes et éditoriales, mais aussi sur la cohabitation confessionnelle au début du dix-septième siècle. Adrien Beys fut un catholique modéré, habitué à fréquenter catholiques et réformés. Sa veuve, Marie Lemelle, épousa Abraham Pacard, qui devint le plus grand libraire protestant parisien. Mais les enfants de Beys devaient être élevés dans la religion catholique.

En annexe, sont décrites les carrières de deux fils de Gilles I Beys et Madeleine Plantin, Jean et Gilles II, moins connus que leur aîné Christophe. Leurs parcours, connexes à celui d’Adrien Beys, montrent les aléas de la transmission familiale dans les métiers du livre.